Les Traditions et les innovations

Il y a deux semaines, un ami m’a fait connaître un forum de cordonniers en ligne.  Après tant d’années passées a me sentir isolée dans ma profession (sans compter mon equipe fantastique et quelque collègues….mais ça ce n’est pas la même chose),  la filiation avec un grand nombre d’autres cordonniers internationaux est, pour moi, captivant et exaltant.  Et la découverte d’autres personnes aussi passionnées que moi par la cordonnerie est fantastique.  Et merde….il y a des gens très talentueux dans le monde!  J’en reste bouche bée.

Il y a une chose que j’ai trouvé très interestante (et parfois frustante). C’est la différence entre la tradition de cordonnerie et son innovation.  Je crois que je peux être classifié dans cette derniere catégorie –  pour des raisons indépendantes de ma volonté et plus à cause de mon domaine de travail.  Toutefois, je crois qu’il y a un vrai art aux deux – la condonnerie traditionelle et aussi l’innovatrice (une petite récrimination:  oui, j’ai utilisé le mot art intentionnellement.  C’est ma conviction que la cordonnerie est un vrai art et pas simplement un métier.  Quelqu’un qui pense que ce travail est seulement un métier est destiné à créer des choses moins créatifs et sans intérêt, si vous voulez savoir ce que j’en pense honnêtement.  Le macramé est un métier.  La cordonnerie est un art.  Si vous ne comprenez pas le différence, parlez avec M Funk et M Wagnall.)

Les adeptes des anciennes traditions de cordonnerie sont tout à fait extraordinaires.  Personellement, je ne crois pas que j’aie la patience.  Ni la connaissance.  Je ne pourrais pas gagner ma vie comme ça – surtout pas en travaillant dans les arts.  Convaincre quelqu’un de payer mes prix pour les chaussures sur mesure est déjâ un très grand défi – je ne peux pas imaginer y ajouter une autre 20+ heures de travail par paire de chaussures. Mais, je fais un digression. Perfectionner les techniques de cordonnerie traditionelle est une forme d’art très louable.  Et il y a de vrais artistes dans ce domaine.  Ça m’etonne que ces artistes puissent faire ce qu’ils font.

Je peux dire, cependant, qu’aussi importantes que les traditionalistes sont les innovateurs.  L’abilité de prendre les techniques traditionelles et les pousser dans une nouvelle direction est non suelement essentiel dans mon travail – c’est un art en soi.  On peux lire tous les contes historiques de cordonnerie qu’on veut,  mais je vous assure qu’on n’y trouvera jamais  l’explication de la meilleur méthode pour fabriquer les chaussures à plateforme de 6 pouces, en cuir verni rouge cerise pour un drag-queen.  On doit être inventif.  On doit pousser les limites de possibilité et trouver quelque chose qui va marcher – et pas seulement dans l’immédiat, mais pour 10 spectacles chaque semaine pour un temps infini.  On doit inventer.

J’ai un respect sans fin pour les traditionalistes.  Ainsi que les innovateurs.  Ils ont les deux côtés d’une même médaille.  Ou, pour citer Tom Stoppard, le même côté de plusiers médailles.  Peut-être ça sons meilleur en anglais….

Toutefois, quelque chose m’offusque – c’est la définition de certaines traditionalistes pour l’expression « fait à la main. »  Je comprends les origines de cette définition – il y a beaucoup de fabriques de chaussures qui ont faussement adopté le terme « fait à la main » (vous m’entendez, M Prada).  Mais, en même temps, je trouve des définitions traditionelles de ce qui constitue les chaussures « faites à la main » un peu insultantes.  Pour chaque paire de chaussures qui sort de mon atelier, nous avons personnalisé les formes (ou, parfois, nous les avons fabriquées); nous avons taillé tout des matériaux à la main; nous avons cousu (avec l’aide des machines à coudre industrielles); nous avons formé les tiges et nous les avons semelées et finies.  Oui, nous utilisons quelques technologies pré-industrielles afin d’éviter d’ajouter quelques journées au processus.  Et d’autres technologies afin de prolonger nos espérances de vie.  Est-ce que je fais tout dans les modes traditionels?  Biensûr que non.  Je le fais à la manière d’un artisan autodidacte du première quart du 21e siècle.  Et, en faisant cela – je serai atypiquement egotiste pour un moment – je fais des choses qu’on n’a jamais vues (peut-être tout n’est pas un réussit, mais en fin….).  Le tout fait à la main – par moi ou par mon èquipe très talentueux (ou une combinasion du deux).  Un point, c’est tout.

Si on mettait 400 singes dans une pièce, on nourrait 4 ou 5 opinions sur la definition d’un banane.  Il y en a qui dirait que je ne suis pas un vrai cordonnier.  Ou qui dirait que mes chaussures ne sont pas vraiment faites à la main.  Savez-vous ce que je leur dit?  Bottez-les!

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